Au moment où j’écris ces lignes, un communiqué de la présidence portant à la connaissance de l’opinion nationale la communication de Président de la République à la nation demain vendredi 23 Octobre 2020 est en train d’être partagé.
Se poser la question sur la suite des évènements, mieux la problématique inévitable du passage d’un régime de tutelle FCC à un schéma conçu par Fatshi et ses conseillers est une responsabilité à relever sans plus attendre. C’est le droit et le devoir de tout acteur politique, de tout citoyen, de toute personne ayant pour vision une RDC soucieuse de liberté, justice, paix et croissance économique.

« Le régime de tutelle du FCC, c’est fini, il n’y a plus aucun doute ! « 

Tout le monde en a pleinement conscience, mais il est important de le répéter encore et encore: désormais, le régime de tutelle du FCC n’est plus, de facto, en vigueur en RDC. Tenez, en moins d’une année, un VPM de la Justice du FCC a été contraint de démissionner, des hauts cadres du parti ont été placés sous mandat d’arrêt, interrogés et jugés, des pratiques administratives honteuses menées en leur temps ont été étalées à la place publique.
Le tout récent épisode est l’assistance avec impuissance du FCC à la prestation de serment des trois nouveaux juges de la cour constitutionnelle nommés certes de façon irrégulière par le président de la République mais installés malgré le refus de l’Assemblée nationale et le Sénat dominés par le FCC.
Connu pour leur insolence notoire même contre la volonté populaire chaque fois que leur intérêt est en jeu, le fait que les présidents des partis politiques du FCC ont passé toute une nuit blanche à showbuzz pour finir par lancer un simple cri de détresse à l’endroit de la communauté internationale en guise de protestation constitue une preuve de la fin d’une époque.

Généralement, un régime prend fin dans les faits avant même que son organisation socio-politique se transforme complètement. Même si les institutions, les lois, les habitudes de l’ancien régime continuent à exister pendant quelques temps, elles ne sont plus en mesure de mener à bien les missions pour lesquelles elles ont été fondées, principalement celle d’imposer quoi que ce soit. C’est le cas du FCC qui, désormais, se retrouve dans une situation recroquevillée.
Les institutions et les lois de son régime sont en vigueur, ses militants et cadres sont à leurs postes à tous les niveaux, mais malgré tous leurs efforts de se maintenir en vie, le bateau coule. La légitimité militaro-policière qui était l’âme du régime n’émet plus des signaux de vie. Par conséquent, le régime impuissant, ne peut que contempler les derniers sautillements, les ultimes frissons de son agonie.

Il est nul besoin d’analyse approfondie pour conclure que le FCC n’a plus une grande marge de manœuvre.  Mais dans le désespoir que l’impuissance suscite, les gardiens du régime seront prêts à tout entreprendre, y compris appuyer sur la gâchette.

Il y a lieu de s’imaginer une tentative de destitution du Président, une intention lisible bien que moins aisée pour eux ou la création des conditions d’un chaos que Shadari avait d’ailleurs promis lorsque le tout puissant Yuma était sous les radars de la justice.
Mais toutes ces entreprises ne pourraient aboutir qu’à la possibilité d’une nouvelle défaite politique pour le FCC et assureraient au régime un décès officiel et historiquement bien plus rapide que prévu.
Autre possibilité qui peut être imaginée, la moins probable mais également non négligeable que la rage d’avoir été défait et d’être livré à l’impuissance nous conduirait, c’est un éventuel coup d’Etat.
Même en cas réussite de cette entreprise,  l’évidence est qu’ils ne pourraient pas ressusciter ou reconstituer le régime de tutelle.

Quoi qu’on en dise et de quelque façon qu’on l’habille, une grande majorité de la population ne pourrait en aucun cas digérer une action menée par le FCC contre l’institution président de la République.

« Le plus grand problème en ce moment, ce n’est plus vraiment le FCC, ni le conflit d’intérêt entre les coalisés.  Le véritable problème est la conception de l’Etat de droit et celle de l’indépendance de la justice selon le schéma Fatshi … »

Si le régime de tutelle FCC est fini, alors, le véritable problème est celui de fonder un nouveau régime, de savoir si le schéma tracé  par Fatshi sera fondé dans le respect ou non des principes d’un régime démocratique et autres règles de conduite d’un Etat de droit.

Le problème c’est aussi de savoir si dans le schéma Fatshi, il y aura la possibilité de se débarrasser ou non des liens du vieux régime de tutelle, un régime sans foi ni moral.
Au niveau du discours, jusque-là tous les narratifs des adeptes du pouvoir tournent autour d’un argument très ridicule : « Kabila aussi en son temps l’avait fait », comme si l’unité de mesure d’une nation était les actes du précèdent régime, qu’ils soient acceptables ou non. La question est celle de savoir si le schéma Fatshi n’entend pas exploiter à fond les limites de la constitution de l’ancien regime.
Au niveau des faits, si les bonnes questions ne sont pas posées, le vide laissé par un régime mort de facto pourrait être comblé par un régime autoritaire, centralisateur, unidimensionnel.
Or, la priorité de l’agenda démocratique aujourd’hui doit être le combat à mener pour que ce vide ne soit pas bouché par un modèle de démocratie autoritaire. Il s’agit de débusquer toutes les atteintes au droit quelles qu’en soient les auteurs ou victimes.
C’est la raison pour laquelle se poser la question sur la suite des évènements, mieux la problématique inévitable du passage d’un régime de tutelle FCC à un schéma conçu par Fatshi et ses conseillers est une responsabilité à relever sans plus attendre.  C’est le droit et le devoir de tout acteur politique, de tout citoyen, de toute personne ayant pour vision une RDC soucieuse de liberté, justice, paix et croissance économique.
Et tous ceux qui tentent d’écarter ce genre de critiques en nous accusant de défendre l’une ou l’autre partie font la démonstration de ce qu’ils tentent de combler le vide du pouvoir par et pour leurs propres officines. Parce que la démocratie ne se fonde pas sur les seules peurs et angoisses.
Le président de la République ne dispose pas d’une forte majorité au parlement. Mais s’il envisage la dissolution de l’Assemblée nationale, se poser la question ses calculs politiques, du timing de ses initiatives, c’est en réalité se poser la question de savoir où nous allons alors que nous sortons de l’ancien régime.

Désormais, à la question « que faites-vous ?» le president ne peut plus répondre qu’on l’entrave. C’est pour cette raison qu’il n’est plus possible non plus de taxer tous les gens qui interrogent ses projets de soutenir le FCC.
Le combat pour la fondation d’une République solide et tirant sa force de la démocratie commencera véritablement avec le discours de demain. A court terme, le soutien de toute la classe politique en général et de l’opposition en particulier procèdera de la déclinaison de ce discours qui doit être explicatif et rassurant. SINON…

23 réponses
    • Mubondo
      Mubondo dit :

      Juste vous dire mon frère que votre analyse est fondée, il aurait fallu que tchisekedi se libere du régime dictatorial des kabilie en coalitions, ce message nous l’attendons tous avec beaucoup d’énergie , nous espérons à un changement pour un Congo fort et prospère.

      Répondre
  1. Aaron Mapya Msenga
    Aaron Mapya Msenga dit :

    Bien dis mon frère,
    La situation actuelle nécessité des bonnes décisions, merci pour cette valeur ajoutée à la lecture de votre pensée.
    Prions pour que demain….

    Répondre
  2. Hervé MBIKILA
    Hervé MBIKILA dit :

    Je ne vois pas Félix joue la dictature contre le peuple congolais.
    Felix sera plus dictateur que vous le croyez contre toute personne ou tout groupe de personnes s’opposera à la bonne marche du pays.
    Il a su bien dit que la loi suprême, c’est le salut du peuple.
    Il peut se trahir mais pas trahir la mémoire du feu E. TSHISEKEDI qui fut son père biologique, politique et même idéologique.

    Répondre
  3. Romeo mbilizi
    Romeo mbilizi dit :

    Mr Seth, je viens de lire mes propres pensées dans votre article et je me réjouis de voir qu’il existe encore des politiques Congolais réfléchis.
    Par contre, si je peut me permettre d’abréger votre article en moins des mots suite à ce que mes pensées on conclut, je dirais, LE PRÉSIDENT FATSHI A PROMIS LE DEBOULONNEMEN, A QUAND LE RESSERREMENT DES BOULONS ?
    Il ne s’agit pas de déboulonner un Pneus de son véhicule, mais il faut le remplacer et resserrer les boulons !

    s’il s’attaque corps et âme à éradiquer le régime prédécesseur, ce qui semble lui réussir et qui arrange l’unanimité du peuple, à quand un Schéma conçu et appliqué pour l’intérêt du peuple…
    Pensez vous Mr Seth que FATSHI possède un plan pour l’essor du peuple ?
    Si non comment l’aider ?

    Répondre
  4. Prince Mulungula Kyabu
    Prince Mulungula Kyabu dit :

    Un très bon texte mais je crois que vous réfléchissez comme vous voudriez voir agir le président. Personnellement je ne crois pas en la dissolution de l’assemblée nationale, je pense que le président comme d’habitude va jouer à l’arbitre. il va vouloir calmer le jeu parce qu’il y aura représailles d’un moment à l’autre et surtout dans un jeu de cache-cache, il est difficile de battre celui qui a conçu le jeu, il est quasiment impossible de battre l’architecte qui a créé le jeu qui se joue dans un labyrinthe, même si l’on improvise de quelque manière que ce soit.

    Répondre
  5. Muteb
    Muteb dit :

    Merci pour l’exposé , je ne sais pas si tel sera le cas sauf à cela que je sache tant que le pays sera infiltré du haut niveau et qu’on nous placera de potiche au sommet de l’état la rdc sera toujours un éternel recommencement . donc je crois vraiment pas en l’homme de fatshi malgré sa bonne volonté de mieux faire , le monsieur on l’avait déjà étudier donc une alternative pour ce qui se passe actuellement était déjà envisagé par ses parrains .

    Répondre
  6. Awa Nzonga
    Awa Nzonga dit :

    Juste quelques questions
    Cet article, montre t elle réellement votre propre position?
    Le régime en place montre vouloir un changement sans pour autant respecter les textes, soutenez vous ce changement aussi violent soit il?
    L’ancien régime à travers le FCC collé dans le respect de texte parce que leur accordant plus de poids politiques ne devrait il pas suivre le développement comme tant prôné par eux ? Cela ne mettrait pas vraiment à mal la législation entière ?
    Destination du président ou du parlement nous rendrez plus vulnérable surtout au profits des occidentaux et des pays bafouant deja le pouvoir réel de notre pays a cause des institutions pas assez solides…

    Répondre
  7. Guylain Katombe
    Guylain Katombe dit :

    Merci pour cet article patriotique. Se défaire de l’ancien régime sadique et dictateur ne doit pas sacraliser une toute autre forme de dictature. Qui a savoir si le nouveau régime va se ranger du coté de la lumière.

    Répondre
  8. Mesdi mbu
    Mesdi mbu dit :

    Belle analyse! Mais tshisekedi doit savoir que le temps passé à asseoir son pouvoir est le même temps qui devait lutter pour nous donner le pain et la dignité.

    Répondre
  9. Felix
    Felix dit :

    Bel article, mais qui ne correspond pas à vos pensées, qui sont d’ailleurs clairement traduites par vos différents tweets.
    En tout cas, ce texte ne vient pas de vous. Prière de citer son auteur.

    Répondre
  10. Enock DIO EGBENDE
    Enock DIO EGBENDE dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, nous peuple congolais avons Marre de cette coalition qui fait que régresser le pays, nous tous yeux ouverts et oreilles attentive à l’adresse du chef de l’état pour nous fixer un avenir où pas

    Répondre
  11. Alain Mununga
    Alain Mununga dit :

    analyse très réfléchie et très équilibrée, digne d’une génération consciente pour un CONGO nouveau et fort. votre cerveau vaut beaucoup pour la Nation. ne perdez pas de vue votre vision, , recadrer positivement Fatshi est un véritable devoir patriotique

    Répondre
  12. Ways tête edouard
    Ways tête edouard dit :

    Pertinente analyse sondant l’avant, le pendant et l’après crise, plusieurs personnes ne se posent pas les bonnes questions ce qui fait en sorte que les réponses qu’ils apportent à ces questions ne viennent pas solutionner des problèmes réels de la république. Comprendre que nous avons toléré ces irrégulières nominations au nom de la fragilisation du fcc et faire comprendre également que désormais nous ne cautionnerons plus de Fatshi de violations intempestives de la constitution, car nous pouvons pas chasser un régime dictatorial pour en installer un autre.

    Répondre
  13. Michel
    Michel dit :

    Une très bonne analyse, merci président.
    Le risque que court le pays est de voir fatshi s’ériger en dictateur pour répondre à la « dictature » de ses prédécesseurs. Le péché est péché quelle que soit la personne qui le commet. La nomination des ces 3 juges a violée la constitution de notre pays, le passage en force est un signe de la dictature. Je penses pour ma part qu’il avait possibilité de trouver un consensus au lieu de nous créé un spectacle désolant.

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Répondre à Prince Mulungula Kyabu Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *